1.1.10

Je chante Auld Lang Syne pour la première fois, je pense à Robert Burns, je bois du vin du pays d'Oc et je suis un peu là et un peu pas là

Sûrement la faute au quatrième (cinquième?) verre de vin rouge.
Je ne sais pas si j'aime ou pas faire des bilans. Celui de 2009 se pose là. Quand même. Je suis partie. Je suis arrivée. Ici. Je suis avec lui.
Je suis une GRANDE.
Je paie mes (council) taxes.
Je remplis notre frigo.
Je regarde le prix au kilo.
Je trouve que le prix des capotes est (grave) abusé.
Je poste en étant quasi cuitée.
J'institutionnalise la présence obligatoire d'alcool dans le placard (en cours)
Je râle preque pas que la lunette des chiottes est levée.
Je continue à faire des piles de fringues au pied du lit (qui n'est plus le mien mais le nôtre)
J'ai collé nos noms et prénoms sur la sonette sur le mur de la maison en briques rouges à bay windows et stores en bois.

May 2010 bring me the same bliss.

14.12.09

And in a café by the sea you stir your tea and suck your spoon

Ça devient un peu n'importe quoi ce blog. Je me relis, j'acquiesce d'un mouvement de tête, pour personne, juste pour moi. Comme pour me rassurer. Tout est à sa place. Je lis entre les lignes et il n'y a pas de remords. Quelques regrets éparpillés, de ces moments qu'on aurait voulu saisir, des occasions loupées, des actes manqués.
Je me dis qu'il faudrait que j'écrive quelque chose quand même.
Mais il y a ce sentiment qui émerge à chaque page que je fais défiler, dans chaque note que j'ai pu rédiger. L'attente. La suspension. L'entre-deux. Ce sentiment là je l'ai tué le 24 juillet 2009. Je l'ai pris à bras-le-corps en agrippant la poignée de ma valise.
Je suis à ma place.
Je souris.
C'est fini.

25.11.09

The answer, my friend, is blowin' in the wind.

Le vent soufflait hier soir. Quelque chose d'assez violent pour me rappeler le vent d'autan (de chez moi) Les yeux grand ouverts, allongée dans notre lit, je me suis souvenue de ces nuits-là où le vent faisait trembler le store en plastique gris devant ma fenêtre et comment il parvenait à me bercer et à me tenir éveillée à la fois. Les claquements, les grincements étaient tellement bryuants qu'on n'entendait pas la pluie. Le lendemain, le vent faisait des rides à la surface des flaques d'eau dans la cour de l'école qu'on traversait en slalomant et le bout de mes chaussures mouillées détaignaient sur mes chaussettes. Toujours.
Dans un demi-sommeil, j'ai pensé à lui. C'est très bête. La tempête de 99 et le matin où, echevelés et inquiets, nous étions descendus de nos chambres pour regarder le grand pin qui était tombé sur la voiture garée dans la descente de garage. J'y avais passé mes dimanches après-midis de petite fille à vélo, déguisée, à me disputer avec mes cousines. C'est très bête le vent.

11.11.09

The man creates a pseudonym and hides behind it like a worm.

Je lis la vie des autres ici et là, des inconnus, des fantômes sous des pseudonymes. Je fais défiler les pages de leur vie, de ce qu'ils veulent bien faire voir, de ce qu'ils mettent en mot et je les trouve beaux. Ça n'a pourtant rien d'extraordinaire, des personnes banales comme moi. Et pourtant. Sur mon écran, c'est comme si je sublimais leurs mots, leur vie, tout ce qu'ils sont.
C'est une impression que je ne sais pas décrire encore moins écrire. Il y a toujours une poignée de personnes dont je lis les vies et que je trouve belles.
Et quand c'est mon tour, quand je me retrouve à raconter la mienne de vie, je perds pied. Je ne sais pas sublimer ce qu'il y a là aujourd'hui, entre mes mains, entre nous, dans cet endroit que j'ai rêvé, désiré, espéré. On écrit la douleur, la souffrance, la peine, le chagrin. Comment écrit-on le bonheur? On se contente probablement de le vivre et on écrit "je suis heureux" et on trouve ça stupide et insipide. Et puis on l'efface. On essaie de mettre des mots (inefficaces), des images (usées), des métaphores (ressassées) sur des instants de vie qu'on ne peut pas capturer. On ne peut peut-être pas tout capturer, tout tenir là à portée.
Alors j'écris: ce soir, je suis là, j'écoute Dave Brubeck égrener des notes de musique dans notre salon, il y a le bruit du vent qui fouette les gouttes de la pluie sur la fenêtre et je suis heureuse.

4.11.09

We are here to drink beer. We are here to kill war. We are here to laugh at the odds and live our lives so well that Death will tremble to take us.

J'ai l'angoisse des murs blancs. Je ne sais pas ce qu'il faut y lire. Je remplis le silence de l'immense salon de punk, je fais du air guitar devant la fenêtre et je déclenche l'alarme à incendie du couloir (well, at least we know it works) Je n'avais aucun rêve de grande quand, du haut de mes 8 ans, je servais des frites en plastiques à mes poupées. Je n'attendais rien de la vie. Ce qui se passe aujourd'hui c'est ce qui devait arriver et se faire à l'idée ne demande aucun effort.
J'apprends à (re)donner un sens au mot home. Je suis condamnée à être éternellement coincée dans un entre-deux. On m'interroge sur une potentielle double nationalité. Je ne m'étonne même pas de ne pas y avoir pensé. Et je m'étonne même pas de m'entendre dire non. Home is not always where the heart is. Et c'est justement ça qui est joli.

4.10.09

When they kick out your front door, how you gonna come? With your hands on your head or on the trigger of your gun?

Au lycée, il y avait un prof d'histoire-géo qui avait l'habitude d'aller en cours, de remonter les couloirs, en chantant we don't need no education.
C'est ça, c'est précisément ça.

Quand j'aurai des enfants, on ira faire les courses sur Holidays in the sun. Et je leur tapperai le volant en rythme.
Et le samedi matin, on fera du pain grillé avec nos têtes de pas réveillés et puis ça:
You can crush us
You can bruise us
But you'll have to answer to
Oh, Guns of Brixton.

27.9.09

You know my wandering days are over.

Je regardais nerveusement le masque vert cracra de la créature de Frankestein et je pensais que merde arrêtez d'écrire Frankestein mask, Frankestein c'est le docteur, pas le monstre. Je tripotais un truc, je ne me rappelle pas quoi. Ça dépassait d'un déguisement d'Halloween dans les allées de Home Bargains. En face de moi, Boyfriend, un panier en fer dans la main droite, me regardait l'air sérieux et concentré.
J'ai donné le numéro de ma carte bleue à Beds Direct, Donna, may I help you? Et trois minutes, quarante deux secondes plus tard (more or less) Boyfriend a soufflé we've got a bedroom. J'ai fait yay mécaniquement. J'ai souri parce-que c'était le truc à faire sur le coup.
A l'arrêt de bus du 103, celui en face de la bibliothèque, celui qui m'a vue attendre le bus cinq ans plus tôt, probablement cinq kilos en plus à l'époque et sac en cuir en bandoulière sur l'épaule droite, j'essayais de comprendre ce qui se passait. La concrétisation d'un truc pour lequel plein de couples/mecs flippent.
Je ne prends conscience des choses, whatever they are, que plus tard.
Toujours.
Je ne comprendrai que mon grand-père est mort que lorsque je retournerai lire ce qui est gravé sur une pierre plantée dans la terre.
Ce qui se passe aujourd'hui, je le regarde passer, un mojito à la main, Belle and Sebastian dans les enceintes without worrying about fuck all.