Il y a quelque chose d'étrangement religieux dans le fait de regarder un enfant jouer. Je les regarde et je voue un culte à cette innocence-là, à cette insouciance qu'ils possèdent sans même la soupçonner. Ils jouent, ils sont assis au soleil, dans la terre, dans l'herbe. Peu importe. Ils sont tout entier à l'activité qui les occupent à ce moment précis. Ce moment là dont je suis témoin. Ce moment là qu'ils auront oublié sitôt qu'il sera passé. Je les contemple. Rien d'autre n'existe pour eux que ce qui est en train de se passer. Le monde autour, la journée d'hier, celle de demain, ça n'existe pas. Que feront-ils, que seront-ils dans quelques mois, l'année prochaine? Ils courent, ils jouent, ils s'élancent encore, ils tombent, ils pleurent. Des bras sont là. Une voix rassurante, une main sur leurs larmes, une autre qui désinfecte une plaie avec toute la douceur possible. Des lèvres sur leur tempe, là où les cheveux sont plus doux et plus fins, là où ils sentent bon l'enfant.
Dans un éclat de rire, une exclamation, un cri, des sanglots étouffés, ils me rappellent au maintenant que je suis devenue incapable de saisir à cause du poids des années. Parfois, quand ils glissent une petite main fragile et fraîche dans la mienne, j'essaie de retenir un peu de tout ça. Je me raccroche à ce qu'ils me donnent, au pansement que j'apose délicatement sur une cheville, aux tresses défaites qu'on me demande s'il te plaît est-ce-que tu peux avec un élastique jaune ou rose dans la main, aux larmes qu'ils sèchent dans mon cou qu'ils enserrent de leurs petits bras tremblants. Je voudrais leur dire tellement de choses qu'ils ne peuvent pas encore comprendre. Je les chéris pour ça.
Et je souris aux déclarations spontanées Marjorie je t'aime trop trop beaucoup de tout mon coeur.
Dans un éclat de rire, une exclamation, un cri, des sanglots étouffés, ils me rappellent au maintenant que je suis devenue incapable de saisir à cause du poids des années. Parfois, quand ils glissent une petite main fragile et fraîche dans la mienne, j'essaie de retenir un peu de tout ça. Je me raccroche à ce qu'ils me donnent, au pansement que j'apose délicatement sur une cheville, aux tresses défaites qu'on me demande s'il te plaît est-ce-que tu peux avec un élastique jaune ou rose dans la main, aux larmes qu'ils sèchent dans mon cou qu'ils enserrent de leurs petits bras tremblants. Je voudrais leur dire tellement de choses qu'ils ne peuvent pas encore comprendre. Je les chéris pour ça.
Et je souris aux déclarations spontanées Marjorie je t'aime trop trop beaucoup de tout mon coeur.

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