24.4.10

Pendant ce temps, à Vera Cruz.

Tu as un appart (tu "as" je devrais dire; chaque mois la joie de balancer £xxx par la fenêtre, nan parce que c'est ça hein) un mec, un boulot. Tu te dis que ça va gérer et que t'as plus qu'à kiffer.
T'as juste oublié quelques détails.
Le job alimentaire te bouffe un peu. Tu apprends à te taire gentiment pour éviter le suicide-du-travail; tu ris hahaha aux blagues des collègues qui pensent que les escargots sont la base de l'alimentation de tout Français qui se respecte; tu acquiers des réflexes sans lesquels il t'est impossible de survivre (mettre la bouilloire en marche toutes les deux heures; sourire quand on a rien à dire/qu'il vaut mieux la fermer; vérifier qu'il n'y ait pas de dodgy tâches sur l'uniforme pour éviter les hahaha blagues des collègues qui sont désopilants bicoz english mais tu peux pas comprendre tu viens du continent on t'a dit)
La découverte du traffic d'organes lucratif qui te fait méchamment de l'oeil si tu veux pouvoir te payer le diplôme qu'il te faut.
La réalité de certaines choses dans un pays qui te feraient presque (mais pas trop non plus) regretter le tien. Si ça continue il va falloir que ça cesse.
L'incapacité psychique voire pshysiologique à intégrer certaines pratiques (you do NOT need to have something edible in your mouth every other hour)
La compréhension de certaines autres qui te font apprécier des choses (très connes) que tu avais l'habitude de prendre pour argent comptant. Le soleil par exemple, les températures dépassant les 15°C qui te font participer à l'effort de masse consistant à glisser tes orteils dans des tongues. Oui oui oui. Enjoy it whilst you have it, you never know.

La liste est non-exhaustive. C'est pas le blog à Martine ici (quoique).
On se demande même pourquoi ce blog est encore en vie. Me demandez pas, je n'en sais rien.
Si on avait un truc intéressant à raconter pour bloguer, certains blogs n'auraient jamais vu le jour.
Chut chut pas de marque.